
En préparation à la conférence de paix qui devait suivre la Première Guerre mondiale, au printemps 1917, le ministère des Affaires étrangères britannique établit une section spéciale chargée de préparer les informations de synthèse utiles aux délégués britanniques. Nouvelles-Hébrides est le numéro 147 d'une série de plus de 160 études produites par cette section, dont la plupart furent publiées après la conclusion de la conférence de paix de Paris en 1919. Les Nouvelles-Hébrides (aujourd'hui le Vanuatu) est un chapelet constitué de 13 grandes îles et de nombreuses îles plus petites dans le sud-ouest du Pacifique, dont la majorité de la population est d'origine mélanésienne. L'étude traite de la géographie physique et politique, de l'histoire politique, des conditions sociales et politiques, ainsi que des conditions économiques. Il examine comment en 1907, après une longue période où les colons, les marchands et les missionnaires britanniques et français rivalisaient pour imposer leur influence et gagner des terres, les gouvernements de Grande–Bretagne et de France établirent un condominium en vertu duquel les deux puissances devaient administrer conjointement les îles. L'étude souligne que la population de l'archipel comptaient 65 000 indigènes, mais que ce « nombre avait diminué rapidement depuis l'arrivée de l'homme blanc et [que] cette baisse continuait ». Ce déclin était essentiellement dû au départ des habitants recrutés pour travailler au Queensland (en Australie), aux Fiji et en Nouvelle-Calédonie. Selon l'étude, le copra, le coton, le café, le maïs et le cacao étaient les produits majeurs des Nouvelles-Hébrides, cultivés dans les plantations appartenant majoritairement aux colons français, par des travailleurs issus de la population indigène. Le condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides fut dissolu en 1980, donnant lieu à la création du nouvel État indépendant de la République de Vanuatu.